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« « C’est en étant qui on est et en suivant son instinct, sans forcément programmer les choses et avoir un plan de carrière tout tracé, qu’on y arrive » »

« C’est en étant qui on est et en suivant son instinct, sans forcément programmer les choses et avoir un plan de carrière tout tracé, qu’on y arrive »

Eugénie Armi est tout d’abord quelqu’un d’engagé. Avant d’être avocate, elle a été très engagée politiquement : au lycée puis à la faculté, elle soutient le parti radical valoisien. Aujourd’hui, ce dévouement, elle l’a avec ses clients, dans la défense de leurs intérêts.

« Rien ne me prédestinait à devenir avocate associée d’un super cabinet à 35 ans »

Les deux parents d’Eugénie l’ont toujours poussée à aller loin dans son cursus scolaire et professionnel. Pour eux, qui n’avaient pas le bac, les études représentaient la liberté et l’indépendance. Cet aspect a été très important dans la construction d’Eugénie.

C’est ainsi qu’elle devient une excellente élève. D’ailleurs, elle rêvait d’être présidente de la république. Pour aller dans la continuité de ses ambitions, elle a pour objectif de faire Sciences Po puis l’ENA.

Assez sûre d’elle-même, elle va au concours d’entrée de Sciences Po au talent. Elle échoue et se retrouve donc en faculté de droit ASSAS. Ses plans de carrière tombent un peu à l’eau et entame une première année dans le milieu juridique par défaut.

Comme à son habitude, Eugénie tente tant bien que mal de se retrouver dans ses études. Instinctivement et naturellement, elle s’oriente en droit public pour justement garder un lien avec la politique. Elle travaille bien, elle accumule les mentions. Elle donne tellement d’elle-même qu’un jour, elle reçoit une lettre de la faculté lui proposant de postuler pour la formation d’excellence qu’est le Magistère juriste d’affaires DJCE.

« C’est en étant qui on est et en suivant son instinct, sans forcément programmer les choses et avoir un plan de carrière tout tracé, qu’on y arrive »

Elle décide d’envoyer sa candidature. Elle se voit donc passer un entretien de sélection avec une ribambelle d’autres étudiants qui connaissaient de fond en comble la formation, qui mesuraient l’excellence de ce parcours et surtout qui avaient des objectifs de carrière bien définis, contrairement à elle. Elle est prise.

Elle en vient même à passer le barreau en quatrième année. Rien n’est prévu, rien n’est programmé. Eugénie se construit sur le tas, sur ce qui l’entraîne. Elle fini ainsi le magistère et voit tous ses camarades aller faire une année à l’étranger.

Pour elle, la question ne se pose pas vraiment. Elle n’a pas les moyens de se le permettre.

« Je ne savais pas trop ce que je voulais faire. J’aimais aider les gens et trouver du sens à ce que je faisais »

Bien emprise par sa vocation sociale, Eugénie fait inconsciemment un filtre. Elle choisit finalement de se spécialiser dans les entreprises en difficulté. C’est à ce moment qu’elle découvre le monde passionnant du restructuring. Sa première réelle expérience chez Bremond & Associé est une révélation pour elle ! Pour la première fois dans le monde professionnelle, elle réussit à être elle-même et se retrouve.

L’aspect de l’urgence, presque théâtral, où les partis n’ont pas le temps de s’empreindre d’un masque de courtoisie ou politesse, où les différents acteurs sont plus humains que jamais lui plaît vraiment. Ça la stimule.

 Très autonome et investie, elle multiplie les stages jusqu’à avoir un coup de foudre…

« Weil, Gotshal & Manges LLP ça a été là où tout a commencé »

L’ambiance au travail, le lien avec les différentes personnes de l’équipe et surtout elle ressent une émulation intellectuelle.

« On travaillait énormément, c’était très exigent »

Parce qu’on n’a rien sans effort, Eugénie continue d’être rigoureuse, de se donner à fond. Elle est d’ailleurs très rapidement lancée dans le grand bain, c’est comme ça qu’on apprend réellement. Face à elle-même, elle se doit de trouver des solutions et de toujours chercher l’excellence.

Ces années sont pour elle le moyen de se découvrir, d’apprendre, d’entrer dans ce monde toujours en changement, en mouvement.

Mais après 9 années très intenses, elle choisi de partir, d’aller vivre de nouvelles expériences. A partir du moment où Eugénie s’est appropriée la technique juridique, qu’elle a commencé à élaborer une stratégie commerciale et à traiter ses propres dossiers, elle a senti qu’il lui fallait plus.

Si elle a réussi si jeune à développer sa clientèle c’est parce que son cabinet était très ouvert sur le sujet et qu’elle a été poussée, motivée à le faire. Une fois la technique juridique est acquise, que c’est le début d’une élaboration de stratégie commerciale qui commence et à développer sa propre clientèle. Dès lors, elle apprend à conseiller le client et à gérer de A à Z un dossier.

Elle ressent grouiller au plus profond d’elle l’envie d’aller plus loin, de découvrir de nouveaux horizons. Elle sent qu’elle a besoin de plus s’exprimer, que son identité soit plus visible, plus présente.

Elle entrevoit une première opportunité chez Bredin Prat où elle sent qu’elle peut apporter quelque chose tout en devenant rapidement associée.

Très vite, elle se rend compte que c’est trop lent mais surtout que sa rétrocession est moins élevée que ce qu’elle facture en perso, que ses dossiers persos lui prennent plus de de temps que son emploi en tant que rôle de Consel restructuring & collaboratrice.

L’aspect institutionnel du cabinet Bredin Prat qui renie complètement l’aspect entrepreneurial ne lui correspond pas.

Pour elle, être avocate s’apparente plus au sentiment de liberté, d’indépendance afin d’avoir le temps et le plaisir d’accompagner chaque client… C’est le déclic ! elle ressent la nécessité de s’associer. Elle veut, chercher ses propres clients, faire du développement commercial, etc.

Pour elle, le métier d’avocat est avant tout au cœur de l’humain. En travaillant avec des petites boîtes qui ont un petit chiffre d’affaires, elle est en contact avec tous types de dirigeants

Ce qu’elle aime avant tout c’est « Avoir les mains dans le cambouis »

C’est dans cette perspective qu’elle devient avocate associée chez Veil Jourde à seulement 33 ans. Cette fois-ci, Eugénie prend son temps pour les rejoindre.

Directement, elle ressent qu’elle a les moyens de mieux travailler en fournissant en service sur-mesure de qua ;lité à chacun de ses clients.

« je me suis enfin écoutée, j’ai enfin osé être qui je voulais être »

Finalement, Eugénie nous avoue que les choses se sont faites de manière fluide et naturelle. Ses clients lui ont fait confiance, puis par le biais de bouche à oreille, de recommandation, elle a développé son savoir faire

« Ton réseau ce sont tes clients »

Dans le restructuring, Eugenie explique qu’il y a énormément de récurrence. Dès le début, elle a choisi la stratégie. C’est d’ailleurs pourquoi elle est très investie dans des associations professionnelles depuis ses débuts. De plus, il est très important que les clients savent qu’ils peuvent compter sur leur avocat. Le lien de confiance entre l’avocat et le client est fondamental.

« J’aime les autres, j’aime les gens et j’adore mon métier »

Eugénie a envie d’aider. Si elle en est là aujourd’hui c’est parce qu’elle a su faire du business development, a assisté à des évènements, des conférences, elle a rencontré des gens, en a mis en relation avec d’autres, en a aidé. C’est en étant ouverte aux autres qu’elle a pu créer quelque chose. Il est nécessaire de maintenir les liens, c’est la clé dans le métier.

« Mon client, il sait que je suis là s’il a besoin »

Pour ce qui est de l’avenir, Eugénie souhaite consolider ses relations avec son équipe. C’est une question de management : il faut intégrer les nouveaux éléments tout en mettant une bonne ambiance de travail.

Aujourd’hui, Eugénie souhaite apporter son aide aux plus jeunes. Que ce soit à la fac ou dans des écoles, elle propose bénévolement des séances de coaching parce qu’elle sait, grâce à son propre parcours, que ça peut faire toute la différence.

Le métier d’avocat est un métier fondamentalement humain : il faut être empathique !

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