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« Frédéric Peltier, avocat associé chez Peltier Juvigny Marpeau & Associés »

Frédéric Peltier, avocat associé chez Peltier Juvigny Marpeau & Associés

Frédéric Peltier est un avocat en droit des affaires mais aussi entrepreneur et homme d’affaires. Très attaché à sa liberté il a eu un parcours plus que riche en touchant un peu à tous les milieux.

Sa vocation pour l’avocature lui est venue assez tardivement nous dit-il. En effet, il prépare les concours administratifs de l’ENA à la prépa Sciences Politiques de Grenoble. Face à une multitude d’options disponibles, il entreprend de découvrir le droit des affaires. Coup de théâtre, ça lui plaît plus que tout, c’est une révélation.

« C’est passionnant, c’est ce que j’aurais dû faire dans ma vie et c’est ce que je veux faire ».

Par la suite, il intègre la direction de la commission bancaire ! C’est au sein de cette première expérience qu’il découvre réellement le métier d’avocat d’affaires. Il nous avoue même que « c’est ce qu’il aurait dû faire dès le début ».

Pour autant, Frederic Peltier ne se laisse pas abattre et prend une marge de manœuvre pour aller vers la profession de ses rêves.

Alors qu’il est responsable juridique des opérations de fusion-acquisition chez BNP, il rencontre Philippe Villey, associé chez Darrois Villey Maillot Brochier. C’est un épisode marquant dans sa carrière comme dans sa vie. Villey lui dit, avec une promesse d’association en poche, « tu devrais devenir avocat » c’est ce qu’il a fait a fait une fois son doctorat en poche.

C’est un petit peu un rêve qui se concrétise. Frédéric Peltier devient donc avocat au cabinet Darrois. Il est immédiatement content mais réalise en même temps que le métier de juriste de banque n’a pas grand-chose avec les métiers du contentieux. Même s’il côtoyait des avocats, il n’avait que peu très d’expérience en la matière.

En changeant de domaine d’exercice, Frédéric se lance un nouveau défi : réapprendre un nouveau métier et le faire bien.

Il se souvient encore de ce que lui a dit Jean-Michel Darrois lors de son premier jour au sein du cabinet : « le plus grand ennemi de l’avocat c’est son client ». C’est seulement aujourd’hui, avec plus de 20 ans d’exercice qu’il comprend le sens de cette phrase.

« L’expérience ne triche pas »

C’est à force de travail que les avocats acquièrent un savoir-faire profond. Les compétences qui ne se forgent que sur le long terme. Il y a plein d’aspects que les élèves avocats ne voient pas à l’université. L’avocature est un métier où les professionnels ne stagnent jamais. Il y a toujours un moyen de découvrir de nouvelles choses, d’apprendre à nouveau et surtout de s’améliorer de manière constante !

« Je pense qu’entre 1996 et 2000 j’ai travaillé 7 jours sur 7, parfois même 20h par jour ».

Frédéric Peltier a, durant cette période, plusieurs nuits blanches à son actif et travaillait parfois plus de 20 heures par jour. Cela est quelque chose de courant, pour connaître un dossier à la pointe et pour s’améliorer dans son exercice, grand nombre d’avocats passent par cette étape qui n’est pas la plus agréable à vivre.

Cette première association a été d’un riche apprentissage pour Peltier. En effet, côtoyer de grands avocats qui se démarquent tous avec leur propre style est une chance inouïe. Il a pu s’en inspirer pour voler de ses propres ailes.

Pour autant, travailler avec d’aussi grandes personnalités dans le milieu du droit s’avère avoir des points négatifs. En effet, Peltier nous confie que la rivalité et les tensions entre les associés étaient pesantes. De plus, il est difficile pour un jeune avocat de développer sa clientèle personnelle. Beaucoup considèrent par ailleurs que développer est une nécessité pour l’épanouissement personnel mais surtout pour continuer à être performant.

En tant que jeune avocat, il y avait un écart assez conséquent entre le type d’opérations que faisaient ses associés et celles que faisaient ses associés.

Parce qu’il manquait de liberté à ce niveau-là, il a préféré partir : « le prix de ma liberté a été de partir »

« Ce qui m’intéressait dans le métier d’avocats c’était de développer moi-même ma clientèle ».

Après cette expérience, Frederic Peltier ressent un besoin d’indépendance.

Il commence ainsi une nouvelle expérience au sein du cabinet Clifford Chance qui sera une belle réussite. Dès le début, tout est clair : Frédéric a carte de blanche pour développer sa propre clientèle.

Ce sont de belles années, où il a pu se concentrer sur lui-même, prendre un peu plus de libertés et de recul.

Après quelque temps, Frederic avoue que son positionnement sur les dossiers ne correspond plus à la vision du cabinet.

L’idée de se lancer lui-même est ainsi apparue. Au moment où il a posé sa plaque, tout a changé. Il fonde donc le cabinet Peltier Juvigny Marpeau & associés

Il a ainsi pu vivre l’association sous toutes ses formes que ce soit sur des aspects extrêmement positifs ou au contraire négatifs.

Frédéric développe une relation profonde avec Olivier de Juvigny avec qui il forme un réel binôme.

« On n’avait pas besoin de se parler pour se comprendre.

De tous les fondateurs du cabinet, il est le seul encore présent. Il souhaite transmettre son savoir à ses associés.

Une seconde vie

Frédéric ne vous a pas encore dévoilé toutes ses cartes ! Il a une deuxième vie : celle d’entrepreneur. Il exerce deux activités de passion en parallèle de sa carrière d’avocat :

  • L’écriture : il se plaît à structurer sa pensée. Il rédige des articles ou encore des livres tel que Le procès de l’argent parut aux éditions Albin Michel en 2017.
  • À 55 ans, il se lance dans la construction d’un groupe hôtelier. « Les retraites d’avocats, ce n’est pas grand-chose ». Investir a donc été un choix de sécurité pour Frederic mais aussi de passion. En effet, il a construit son premier hôtel à la montagne parce qu’il adore skier.

Aujourd’hui c’est une réussite puisqu’il possède 4 hôtels tous 5 étoiles pour une valeur d’entreprise de 140 millions. Mais c’est avant tout 20 ans de travail.

Frédéric nous explique qu’il n’a jamais eu de mal à avoir cette deuxième activité. Ce qui est fondamental pour lui c’est de déléguer. Le micromanagement ne fonctionne pas. Il faut savoir aller à l’essentiel et de toute façon, « la confiance n’exclus pas le contrôle ».

Même si cette deuxième activité est extrêmement lucrative, il fait le choix de continuer à être avocat par passion.

« Gagner de l’argent ça n’a jamais été mon moteur »

Aujourd’hui, il n’a aucune pression financière ce qui, concrètement, lui permet de choisir ses clients et les dossiers qu’il traite. De plus, il ressent aussi un besoin de transmission aux jeunes associés qui sont actuellement dans le cabinet.

Pour lui, il faut être cohérent avec ses choix. On peut exercer le métier d’avocat tout en faisant autre chose à côté !

Un grand merci à ce grand homme avocat et entrepreneur pour son histoire plus qu’intéressante et son honnêteté plus que transparente.

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