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« Archibald Celeyron, avocat associé chez VingtRue Avocats »

Archibald Celeyron

Ce podcast retrace la vie d’un avocat passionné et travailleur. Il reprend les étapes marquantes de sa vie : son entrée dans le monde du droit, ses premiers stages, collaborations, ses déclics et ses peurs. Un parcours mouvementé d’un avocat devenu associé aujourd’hui.


Fongueux et ambitieux, Archibald Celeyron n’était « pas un garçon résolument différent de celui qu’il est aujourd’hui ». Lorsque l’on entend sa voix, son éloquence et son aura nous submergent. Agréable à écouter, il rend son histoire fascinante. Pour autant, il reste humble.


Originaire de Haute-Savoie, il en est fier. Il déclare même que c’est une « grande composante de sa personnalité ». Évidemment, lorsque l’on grandit dans un milieu rural, dans un village de campagne, la vision du monde est différente de celle que l’on a en ville.


Une fois son bac en poche, il arrive à Paris sans trop savoir pourquoi. Pleins d’espoirs, il tente Sciences Po sans vraiment s’y préparer. Il échoue, comme tant d’autres. Et comme beaucoup, il se retrouve sur les bancs de la faculté de droit. Il se laisse glisser à cette vie étudiante tumultueuse et intrigante. Au milieu des passionnés et des grands sérieux, il se fond dans la masse.


Fort heureusement, il réussit. Et au fur et à mesure du temps qui passe, des années qui s’écoulent et des diplômes en poche, Archibald se doit de trouver une raison. Pourquoi le droit ? Pour quoi faire ? Un choix s’impose à lui.


« J’étais un peu perdu, je pense que j’avais surtout envie de gagner de l’argent».


Il connaissait un cousin. Un cousin qui avait une Porsche. Si ce n’est pas réussir ça ! Il le prend comme exemple.

Alors à la question « quoi faire » il répond « comme lui ». Il se trouve que ce cousin s’était spécialisé dans la fusion-acquisition. Il lui conseille de faire autre chose : du restructuring ! Il tente même de le pistonner, sans réel succès.


C’est après avoir essuyé de nombreux refus qu’Archibald est pris pour son premier stage chez De Pardieu Brocas Maffei. « J’ai halluciné » nous avoue-t-il. Dans sa voix, les souvenirs vivent encore.


Il décrit son maître de stage comme un avocat hors du commun. Plein de prestance et de classe, il le regarde pendant des heures répondre au téléphone, dicter des courriers à sa secrétaire. Il analyse son ton de voix, ses gestes, ses mimiques. Tout est travaillé chez lui, tout est bon à prendre. Archibald Celeyron observe.


Et s’il est persuadé dès le début que ce n’est pas ce qu’il veut faire, il apprend énormément. Encore aujourd’hui il s’inspire de ce qu’il a pu analyser.

Une envie d’ailleurs

Peu de temps après, Archibald ressent le besoin d’aller ailleurs, de changer d’air. Quoi de mieux que de changer de continent ? Il s’en va donc rejoindre le Vietnam où il continue par ailleurs son cursus scolaire. Il revient même avec une mention !
A son retour en France, il a un déclic.

Il se rend compte qu’il est beaucoup plus travailleur que ce qu’il pensait être. Pour lui, le droit commence à faire sens. C’est une sorte de révélation. Il prend confiance en lui et commence à entreprendre.


Lors d’un classement d’avocat, il tombe sur Pierre Olivier Sur dont il n’avait jamais entendu parler auparavant. Sa figure lui plaît, ce qu’il dégage aussi. Il prend son courage à deux mains et décide de lui envoyer son CV. Lors de leur rencontre, c’est un coup de foudre (professionnel).


À peine Archibald dit son nom que Pierre Olivier Sur l’embauche. Ce fut l’entretient le plus court jamais connu.


Ces moments passés aux côtés de ce grand avocat furent pour Archibald inoubliables. Il a longuement et principalement travaillé sur sa campagne au bâtonnat. Il comprend enfin ce qu’est un bâtonnier, un membre du conseil de l’ordre, la Conférence du stage, les conflits avec les honoraires, etc. Il prend conscience de pleins de notions, des profondeurs et des options de la profession d’avocat, beaucoup plus complexe que ce que l’on pourrait croire.


« Ces six mois de stage ont changé ma vie »


Pierre Olivier Sur a été un mentor, puis un ami pour Archibald. Lui aussi avait une Porsche… de quoi être son modèle ! Il lui a permis de découvrir le métier mais aussi de faire des rencontres, ce qui est fondamental dans la profession. Il l’a notamment mis en relation avec Jacques Vergès, auprès de qui il a pu faire un stage au Cambodge. Ça a été sa seule expérience en pénal général.
Il a assisté Jacques Verges sur le procès de Quieu Samphan, chef du régime des Khmer rouges accusé de crimes contre l’humanité et de génocide à l’encontre du peuple vietnamien.


Lors de ce stage, Archibald a été confronté à de nombreux questionnements moraux. Mais une fois face à l’accusé, il a ressenti une étincelle. Lorsqu’un client raconte sa manière de voir les choses, tout s’éclaircit. L’une des réalités du métier d’avocat, c’est de comprendre comment fonctionne son client, entrer à l’intérieur de lui, le comprendre. Cela implique de laisser derrière la porte tout préjugé et de l’écouter.


La justice internationale a été une expérience extrêmement enrichissante pour Archibald.


Pour autant, le processus est beaucoup trop long pour lui.
Ce ne sont pas les grosses affaires qui sont les plus intéressantes. Celles où l’adrénaline est à son sommet sont les comparutions immédiates.


Archibald fait son stage final chez Benoit Chabert, pénaliste réputé. S’en suivra une collaboration de 5 ans auprès de Jean-Marc Fedida qui lui apprendra le métier d’un angle classique : sens écrit, de l’organisation, ou encore de la gestion des clients.

« Je suis très favorable à la collaboration »

Pour Archibald, il est très important d’avoir un patron pour le métier d’avocat. En effet, on ne cesse d’apprendre, d’évoluer et de comprendre. Bien évidemment qu’en sortant de l’école, les jeunes avocats sont loin d’être parfaits. C’est après, lors de la confrontation au réel que l’on devient vraiment opérationnel.


Être aux côtés d’un patron, c’est se permettre de continuer de s’inspirer, d’observer, d’analyser. Le métier d’avocat est un métier de transmission, de partage. En passant de maîtres de stages à patrons, Archibald s’est donné la liberté de continuer d’apprendre.
« Je crois à la transmission intergénérationnelle »


Rencontrer de nouvelles sphères, aborder le métier sous de nouveaux angles, apprendre et déconstruire certaines idées tout en progressant continuellement, c’est ce qui plaît à Archibald.


Ainsi, lorsqu’il a eu l’occasion d’entrer dans le cabinet de Dupont Moretti, il n’a pas hésité une seule seconde. Maître de son art, il permet à Archibald de rencontrer une nouvelle facette du pénal.


Très exigeant et rigoureux, Dupont Moretti a sa propre méthode de cotation des dossiers et son sens de l’audience est inné nous dit Archibald.


« J’en ai chié sur le moment »


L’un des premiers dossiers sur lequel il a travaillé au sein de ce cabinet est l’affaire Mérah. Une affaire complexe, pleine de rebondissements. Il nous avoue en avoir bavé. Il s’est donné à fond.

Il a donné 3 à 4 mois de sa vie durant lesquels il travaillait jour et nuit. Ça a été sa première affaire aux assises. En voyant qu’il connaissait ce dossier sur le bout des doigts, Dupont Moretti lui a proposé de plaider avec lui.


« Le travail ça ne ment pas »


Ça a été un bon souvenir. En ce qui concerne la plaidoirie, elle lui est venue naturellement. Les choses sont bien faites et le travail paye.


Même si évidemment, plaider pour la première fois avec son patron c’est un « enfer » : stress, peur de mal faire, de se tromper, de décevoir et de ne pas être à la hauteur, … Mais l’envie et le désir de réussir ont pris le dessus.


Durant ces années de collaboration au cabinet Vey & Associés, Archibald a été témoin de beaucoup de choses mais il a aussi été un acteur. Il a su faire preuve d’acharnement au travail, de rigueur pour des dossiers complexes.


Puis il y a eu le moment du départ de Moretti qui a été une très bonne chose pour lui-même, une occasion en or. Mais cela a été un changement radical pour le cabinet : la délégation des dossiers, assises plus fréquente, voyages d’affaires et rythme de travail beaucoup plus intense.

Palpitant mais à quel prix ?


« J’ai pris 15kg, j’ai des cernes qui ne partiront jamais ».


Archibald est très attaché à garder une forme de liberté. Il déclare : « Avocat c’est mon métier, pas ma vie ». Il est vrai que c’est une profession très prenante. Il faut représenter un individu, le défendre, et parfois, sa vie est en jeu. Ce qui est le plus compliqué c’est de justement trouver le bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Mais comme tout, fixer des limites et bien s’organiser, ça s’apprend.

La création de son cabinet : VingtRue Avocats


Vingt Rue a été l’occasion pour Archibald Celeyron de s’associer avec des avocats qu’il aime et qu’il considère comme les meilleurs : Sarah Becker, Julie Fabreguettes et Xavier Bouillot. C’est le début d’une nouvelle aventure.

Son travail n’est pas moins stressant mais c’est autre stress qu’il ressent, peut-être plus agréable.
Lorsqu’il parle de son passé, Archibald met un point d’appui sur l’aspect humain de la profession. Les dossiers qu’il a préféré travailler ne sont pas ceux qui ont fait le plus parler mais plutôt ceux grâce auxquels il a pu tisser des liens.


Il est fier de ses premières plaidoiries, des personnes qu’il a défendues, des premières fois où il a porté la robe.


Même s’il a essuyé beaucoup d’échecs judiciaires, il note que la force des pénalistes c’est de justement rebondir et passer à autre chose.


Encore un grand merci à Archibald Celeyron pour son franc-parler, sa douceur et sa manière plus qu’agréable de raconter sa vie.

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