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« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être avocate »

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être avocate


Avant de d’exercer, Noémie Saidi-Cottier, était un « être en devenir » nous dit-elle. Sans cette profession, elle se voit et se sent incomplète. Elle nous confie d’ailleurs qu’elle ne sera réellement épanouie qu’en embrassant la profession.


Elle entame un parcours simple, clair et direct : bac, fac, Assas. Très bonne élève, Noémie sait ce qu’elle veut faire. Elle choisi donc d’étudier le droit fiscal et le droit des affaires. Un pur produit universitaire qui n’hésitera pas par la suite à être emprise de sa vocation et faire passer l’humain avant tout.
Mais tout de même, une petite voix au fond d’elle continue de résonner : « j’ai quand même envie de défendre des criminels ». Même si elle commence dans un premier temps, guidée par sa raison, à postuler dans de grosses structures pour travailler en droit des affaires, sa vocation la plus profonde aura finalement raison d’elle puisqu’elle fait le choix de devenir ensuite avocate pénaliste.


« J’aurais rêvé d’avoir un mentor »


Avec du recul, elle regrette tout de même de ne pas avoir eu de mentor pour l’accompagner dans cette phase très importante de sa carrière. Même s’il faut bien l’avouer, elle s’en est très bien sorti toute seule.
Noémie Saidi-Cottier travaille d’abord pour un avocat en tant que première collaboration. Elle reste un an. Un an d’apprentissage, de libertés et d’audiences.


« Je passais ma vie à la cour d’assise »


Elle y prend goût, elle s’épanouie dans cet environnement qui la stimule du point de vue humain, intellectuel ou professionnel.
« Mes modèles à moi, c’étaient des hommes »


Au début de sa carrière, Noémie Saidi-Cottier a du mal à trouver sa place. Elle s’inspire de beaucoup d’avocats qu’elle admire pour combler ses lacunes, nous confie-t-elle.
Lors de plaidoiries, elle regarde, s’inspire et retombe amoureuse de la profession encore et encore.
C’est quelque chose de très formateur pour elle. A tel point qu’elle commence à « jouer à l’avocate ». Comme au théâtre, elle semble vouloir imiter les meilleurs. Le résultat était certes artificiel, nous avoue-t-elle, mais il faut reconnaître que ça témoigne d’une passion sans pareille.


Elle réalise cela lorsque quelqu’un lui dit « arrête de faire des DuPont Moretti »
Par la suite, elle fait en sorte de plus se représenter, de trouver son style, de faire sortir de son corps sa propre voix.
Un apprentissage par la pratique

Noémie Saidi-Cottier s’est formée en pratiquant. C’est par le biais de conférences, de lectures de dossiers ou encore de formations que l’avocate s’est créée une aura.


Le style ce n’est pas inné, ça vient avec le temps. Comme un peintre, l’avocat commence sa pratique en se formant auprès des plus grands, en tentant de s’éprendre du style des meilleurs avant de former et forger sa propre pâte.
« Le barreau offre pas mal de possibilités d’apprendre »
Le style se forge, il se travaille au gré des expériences, au gré des apprentissages. Finalement, on n’arrête jamais de se parfaire, on n’arrête jamais de comprendre, de rencontrer du savoir.

Une carrière est faite d’opportunités et c’est bien pour cela que personne n’a la même. On ne rencontre pas les mêmes personnes, on ne développe pas le même type de relations.
Au bout d’un an de pratique, maître Saidi-Cottier assiste à ses premières assises et par la même occasion, à son premier acquittement.
C’est une expérience qui la marquera pour longtemps. Encore aujourd’hui elle en garde de beaux souvenirs. Ce fut un moment d’épanouissement intellectuel profond. Un moment de lien, de rencontre.


« A ce moment-là, je me suis dit, c’est ça que je veux faire »


C’était quelque chose de très vertigineux pour une première fois. Elle était aux côtés d’avocats assez prestigieux dont Dupond Moretti. Lorsqu’il plaidait, la salle se remplissait, c’était quelque chose de stressant mais de très beau à vivre.
Noémie Saidi-Cottier nous avoue tout de même que le salaire n’était pas « très joli ». En effet, elle déclare « un mois d’assise, c’est 5000 euros ». Sans compter qu’elle n’a pas été payée le dernier tiers de ses honoraires.
Pourtant, elle ne regrette pas une seconde. Au contraire, ça n’a pas été l’argent qui l’a guidé dans cette aventure, c’est la passion. D’ailleurs, cela se percevra dans la suite.
Peu de temps après, la jeune avocate se voit attribuer de plus en plus de dossiers, il est temps qu’elle prenne son envol.

Après une année de barreau, Noémie part.


Encouragée par une collègue élève avocate dotée d’un esprit très entreprenant, elle se lance.  Sans elle, par manque de confiance et de courage, elle n’aurait jamais eu l’idée de partir du jour au lendemain.
Mais n’ayant rien à perdre, le choix a vite été fait. Elle ouvre donc son cabinet : Noémie Saidi-Cottier Avocats

L’installation :

Tout s’est passé extrêmement vite.


« Au départ j’étais à la fois avocate, psychiatre et assistante sociale »


On a tendance à oublier que le métier d’avocat ce n’est pas simplement l’apprentissage de loi et la défense d’un client. En effet, pour bien réussir les deux, il faut être fondamentalement empathique, il faut se mettre à la place de l’autre, le comprendre.
Dès lors, l’histoire du client devient la vôtre, vous êtes animés par sa défense, c’est ce qui est beau dans le métier.
Les relations humaines sont un pilier du métier.


« J’adore aller plaider »


Et lorsqu’elle gagne une affaire, lorsqu’elle réussit à aller jusqu’au bout et à réellement représenter la voix de son client, Noémie Saidi-Cottier a « le sentiment de se sentir utile ».
C’est dans ce sens que l’argent n’est vraiment pas un objectif. En effet, tant qu’elle peut vivre de sa profession, elle se plait à aller défendre l’impossible. Quand elle s’est installée dans son cabinet, elle a d’abord traité uniquement du pénal. Cet aspect de la pratique lui permet de stimuler ses réflexions intellectuelles et cela au plus profond de l’humain.


« On défend des violeurs et des femmes qui ont été violés » et pourtant, elle perçoit une part d’humanité chez tous. Parce qu’avant d’être des victimes et des criminels, ce sont des Hommes. Des personnes qui, comme elle, ont du vécu.


Avec le temps, Noémie se rapproche du pénal des affaires. Ce qu’elle remarque, c’est que pour les deux, les réflexes sont les mêmes.
Son évolution s’est faite pour le moins assez naturellement.
Ce qu’elle aime dans le pénal des affaires, c’est ce contact direct avec les magistrats.
Intellectuellement, c’est bien de changer.
Noémie Cottier, c’est aussi cette fameuse avocate qui a défendu l’accusé de l’affaire du braquage chez Cartier : là encore elle en garde de bons souvenirs.


Finalement, dans toutes les affaires qu’elle a pu défendre, médiatiques ou non, elles lui ont permis de réfléchir, de voir la vie d’une autre manière.


Le sujet de la facturation est toujours compliqué. Pourtant, elle en parle sans gêne. Elle nous avoue que tout dépend de l’affaire, de la situation des familles, des accusés. Encore une fois, elle fait preuve de son côté fondamentalement humain : tout le monde à le droit d’être défendu.


Quant à la notoriété,


Elle passe par le bouche à oreille. Quand un criminel vante vos mérites au reste de la prison, ça fait son effet, encore plus quand vous êtes une femme.


D’ailleurs, elle en parle de sa condition de femme « les débuts ont un peu été compliqués »

En effet, cela implique des contraintes. Et puis, elle a encore d’autre chose. Elle souhaite avoir du temps pour elle, pour ses enfants, pour sa vie de famille. Combiner vie perso / vie professionnelle sous-entend évidemment faire des concessions.

Mais cela se travaille au cours d’une carrière, au cours d’une vie. Il faut laisser le temps nous enseigner.

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