Un stage à l’étranger, ça vous tente ?

Boris Kéré est étudiant en Master 1 — Droit des affaires à la Faculté de Droit, Sciences économiques et Gestion de Nancy.

En 2019, alors qu’il achevait sa troisième année de licence, il a décidé de sa propre initiative d’effectuer un stage de 3 mois à l’étranger au sein d’un cabinet d’avocats d’affaires londonien spécialisé dans l’immigration d’entreprises aux États-Unis, Ortega-Medina & Associates. Une expérience riche et formatrice que Boris a accepté de partager avec l’équipe d’Anomia.

Que représente un stage à l’international pour un étudiant en Droit ?

Pour ce qui est de l’idée d’effectuer un stage en elle-même, que ce soit en France ou à l’étranger, c’est avant tout le moyen de réellement tester sa capacité, non pas à pratiquer, mais bien à comprendre ce que représente l’exercice d’une profession juridique au quotidien. Les stages sont le meilleur moyen de se projeter, de voir le concret de ce pourquoi nous passons tant de temps derrière nos fiches d’arrêts et nos cas pratiques.

En découvrant ainsi l’envers du décor et la réalité d’un métier, le stage offre, par ailleurs, à l’étudiant la possibilité d’évaluer si telle profession lui convient ou pas. Dans un cas, comme dans l’autre, ce sera une réussite, car il aura pu en tirer un enseignement !

Pour ce qui est de l’intérêt du juriste d’avoir un regard vers l’international, c’est dans le contexte et la dynamique européenne, à mon sens, une nécessité. Partant de là, essayer de comprendre la culture, la morale et le droit de nos homologues européens me semblait une évidence.

Dès lors, si l’on allie les deux idées, un stage à l’international représente une opportunité de se projeter dans le monde professionnel tout en étant en immersion dans une culture qui n’est pas la nôtre et en apprenant comment à l’étranger l’on appréhende la question de droit.

Comment obtenir un stage à l’international ?

Il existe plusieurs moyens d’obtenir un stage à l’international, certains sont plus compliqués que d’autres.

L’étudiant motivé par un stage à l’international pourra alors s’adresser à des associations étudiantes, comme ELSA (The European Law Students’ Association), ou encore passer par des organismes qui peuvent vous mettre en relation avec des professionnels locaux. Avec un soupçon de réseau et une bonne persévérance, il est possible à n’importe quel étudiant en droit d’obtenir un stage à l’étranger.

Pour ma part, je suis passé par un organisme qui m’a mis en relation avec un cabinet d’avocat londonien. À ce niveau là rien n’était encore fait, il a fallu passer par l’étape de l’entretien téléphonique avec mon léger bagage issu d’une section anglais européen au lycée et enfin l’étape du CV.

Quelles ont été les compétences acquises au cours de ce stage effectué à Londres ?

Le premier apprentissage a été linguistique. Il m’a tout de même fallu 1 mois pour me sentir à l’aise au bureau par rapport à mon niveau de langue. Ce n’est donc que lors des 2 mois qui ont suivi que j’ai pu enfin me sentir en immersion et capable de comprendre les tâches à effectuer, être autonome dans leur réalisation et faire des comptes-rendus oraux de ce qui avait été fait. Loin de moi l’idée de prétendre maîtriser parfaitement la langue de Shakespeare, car en 3 mois, ce n’est pas concevable. Cependant, j’étais rassuré de voir que je pouvais être opérationnel dans un cabinet où accents écossais, californien, et sud-londonien se côtoyaient.

Le second apprentissage a eu une dimension plus culturelle. Pour ce qu’il est des relations professionnelles, par exemple, j’ai dû mettre de côté les « Madame, Monsieur, Maître… » au profit d’un discours plus informel. De l’associé Senior au stagiaire que j’étais, nous nous appelions par nos prénoms. Cela semble intrusif dans le cadre des relations professionnelles françaises mais ce n’est que la conséquence de la culture du « You » de la langue anglaise.

Dans la continuité de cette idée, la finalisation des dossiers se faisait par « double checking », « triple checking », il m’a été amené de vérifier le travail de juriste « Paralegal », de leur notifier des erreurs sans que la notion de hiérarchie interfère dans la volonté d’achever du travail bien fait et vice versa.

Je me dois toutefois de tempérer le propos pour ne pas tomber dans la caricature. Au-delà de ces anecdotes, les modes de management m’ont paru plus ou moins similaires à ce que j’ai pu vivre auparavant dans un cadre professionnel français. Ce qui peut être rassurant à savoir pour les étudiants qui hésiteraient à se lancer dans ce genre l’expérience.

Selon toi, quels sont les bénéfices personnels et professionnels que tu as pu en retirer ?

Sur le plan personnel, cela m’a permis de découvrir une autre culture, d’avoir une autre approche des relations sociales, de découvrir une ville cosmopolite qui ne dort jamais mais surtout de connaître un train de vie propre à n’importe quel autre Étudiant British en droit : Metro — Breakfast- Boulot — Pub- Dodo.

D’un point de vue professionnel, j’ai beaucoup appris sur moi-même. Je manquais de confiance en moi quant à ma capacité à m’intégrer dans une équipe qui communique dans une langue étrangère. Mais, comme dit précédemment, après un temps d’adaptation, j’ai été capable de participer pleinement à l’achèvement des dossiers.

Aujourd’hui, je suis satisfait de me dire que je n’appréhende plus de réaliser une expérience dans un cabinet d’avocats à l’étranger.

Conseillerais-tu ce type de stage aux étudiants en droit ?

Le cabinet où j’ai réalisé mon stage est une structure qui est parfaitement adéquate à la réalisation d’un premier stage à l’étranger. Ainsi, je ne peux que conseiller à d’autres étudiants en droit d’en faire autant, même si j’ai pu rencontrer d’autres étudiants français, en stage durant la même période, qui n’ont pas eu la chance de vivre une bonne expérience professionnelle.

En tout état de cause, je conseille vivement aux étudiants de prendre 6 mois ou un an de leur vie en tant qu’étudiant pour découvrir une autre culture, un autre monde professionnel (pas si différent d’ailleurs). La finalité d’une telle expérience étant de se questionner soi-même sur ses ambitions professionnelles et sur sa volonté de les réaliser en France ou à l’étranger.

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