Restructuring : “j’ai choisi le Master ALED” !

Camille Hazard est actuellement étudiante dans le MSc X-HEC Entrepreneurs proposé par HEC Paris. Une formation qu’elle a entreprise à l’issue du Master « Administration et Liquidation des Entreprises en Difficulté » (ALED) à l’Université Nice Côte d’Azur. Ce Master réalisé en alternance lui a notamment permis de travailler au sein de l’étude de mandataires judiciaires SELARL AXYME. Fortement interpellée par le parcours de Camille, et plus particulièrement par la spécialité qu’elle a choisie de suivre en Master, l’équipe d’Anomia a souhaité la rencontrer pour qu’elle nous en dise plus.

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Je suis née à Paris où j’ai effectué ma scolarité jusqu’en classe de première. Parallèlement à mes études, j’ai poursuivi un projet de sport de haut niveau en escrime. Dans ce cadre, j’ai intégré le centre d’entraînement de l’équipe de France junior d’épée à Talence, à côté de Bordeaux en 2012.

Après un bac ES obtenu en 2013, j’ai intégré la licence de droit de l’Université de Bordeaux, que j’ai obtenue en 2016, tout en continuant mon double projet de sport-études. J’ai fait le choix assez tôt d’orienter ma formation vers le droit privé, à travers les matières optionnelles.

Pour des raisons sportives, je suis retournée à Paris afin de m’entraîner à l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (I.N.S.E.P). J’ai, dans le même temps, rejoint le Master 1 Droit Privé Général de l’Université Paris II Panthéon Assas.

A Assas, il existe un programme nommé « Unité d’Expérience Professionnelle » (U.E.P) qui permet aux étudiants sélectionnés d’effectuer un stage de 4 à 6 mois en lieu et place du 2ème semestre du M1. J’ai immédiatement été séduite par l’opportunité d’acquérir une première expérience professionnelle significative, et cela relativement tôt pour un cursus juridique. Ayant découvert par hasard la profession de mandataire judiciaire au cours d’un stage de découverte au Greffe du Tribunal de Commerce de Bordeaux, j’ai choisi d’effectuer l’U.E.P dans une étude de mandataires judiciaires à Paris. Ce stage de 6 mois a été extrêmement bénéfique pour moi, en ce qu’il a confirmé mon intérêt pour le domaine du restructuring et des procédures collectives. Aussi ai-je fait le choix, à la fin de mon M1, de continuer ma formation dans ce domaine et ai intégré le Master « Administration et Liquidation des Entreprises en Difficulté » (ALED) de l’Université Nice Côte d’Azur.

Peux-tu nous expliquer de manière plus détaillée en quoi consiste la formation délivrée au sein du Master ALED ?

Le Master ALED de l’Université de Nice s’effectue en 2 ans (cursus M1 et M2) et en alternance. Techniquement, j’ai donc fait un deuxième M1 car on ne peut pas intégrer directement le M2, mais la première année n’avait rien à voir avec mon précédent M1 à Assas, que je qualifierais de « classique ».

Le restructuring est une matière au carrefour du droit et du chiffre.

Ainsi, le Master ALED en première année propose aussi bien des matières juridiques, telles que du droit des entreprises en difficulté, du droit du travail, de la procédure civile, du droit des contrats, du droit des sociétés ou encore de l’anglais des affaires, que des enseignements en comptabilité, en analyse financière, en business plan ou en bureautique avec l’apprentissage et la maîtrise d’Excel…

En deuxième année, en plus d’un approfondissement du droit des entreprises en difficulté, les matières proposées sont toutes appliquées aux procédures collectives : droit des sûretés appliqué aux procédures collectives, droit social des procédures collectives, le contrat dans les procédures collectives, droit patrimonial de la famille, droit de l’environnement, droit international privé, copropriétés en difficulté, etc.

Étaient également au programme d’autres matières comme marketing, évaluation d’entreprise, analyse des coûts sociaux, contrôle de gestion, établissement des documents comptables prévisionnels, etc.

Enfin, les étudiants bénéficient d’enseignements incontournables pour ceux qui se destinent aux professions d’administrateurs ou mandataires judiciaires : déontologie, règles régissant la profession, fonctionnement du CNAJMJ, comptabilité spéciale etc.

Par ailleurs, le Master ALED de Nice a la particularité (et l’avantage !) de s’effectuer en alternance. Le rythme est d’une semaine à l’Université / une semaine en entreprise. Ce rythme est exigeant car lorsqu’on ne travaille pas à Nice, il impose des allers-retours qui peuvent être fatigants. Mais l’alternance est une réelle opportunité, que je recommande à tous ! D’une part, elle permet de lier la théorie à la pratique et d’autre part, être alternant permet de poser un premier pied dans une entreprise et d’augmenter ses chances d’être embauché(e) par la suite. D’un point de vue plus pragmatique, l’alternance offre également une rémunération qui est la bienvenue quand on est étudiant !

Quels sont les débouchés de cette formation ?

Le Master ALED vise à former des juristes qui se destinent à une carrière en lien avec le droit des entreprises en difficulté :

  • spécialistes du retournement d’entreprise au sein de cabinets de restructuring,
  • avocats spécialistes en droit des entreprises en difficulté et en droit social des procédures collectives,
  • juristes de banque (notamment au sein des services juridiques, service des affaires spéciales, service contentieux et service de l’analyse du risque)
  • administrateurs judiciaires,
  • mandataires judiciaires.

Quelles sont les conditions d’admission ?

Pour candidater au Master, il faut être :

  • titulaire d’une licence de droit (droit des affaires, droit privé général ou droit privé et sciences criminelles),
  • ou titulaire d’un M1 en sciences de gestion avec des prérequis en droit des affaires,
  • ou titulaire d’un M1 en sciences comptables et de gestion,
  • ou diplômé(e) d’une école de commerce.

Dans ma promotion, tous les étudiants avaient déjà au moins un Master 1, plusieurs étaient même diplômés de Master 2 et d’autres travaillaient depuis quelques années ! Cette diversité des profils dans ma promotion montre bien ce qu’est le Master ALED : une formation très spécialisée qui nécessite d’avoir déjà une bonne idée du monde du droit des entreprises en difficulté et l’envie de faire une carrière dans ce secteur.

Par ailleurs, pour intégrer le Master ALED, il faut avoir trouvé une alternance (contrat d’apprentissage ou contrat de professionnalisation). Celle-ci peut s’effectuer dans un cabinet d’avocat spécialisé, dans une étude d’administrateur ou de mandataire judiciaire, dans le service contentieux d’une banque, au sein d’un cabinet ayant un département droit des entreprises en difficulté, dans un cabinet de restructuring… Le choix est assez large mais il faut que l’activité de l’entreprise ait un lien évident avec le restructuring.

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui souhaiterait intégrer ce Master ?

Je dirais qu’il faut arriver à démontrer dans sa lettre de motivation une cohérence dans son parcours et un réel intérêt pour la matière des procédures collectives.

Plus généralement, il faut avoir une bonne vision d’ensemble du monde du restructuring et ne surtout pas laisser penser que vous candidatez par hasard car vous n’auriez pas trouvé d’autre Master.

Une fois accepté(e), vous avez un peu de temps pour trouver un contrat d’alternance. Mais je pense que c’est forcément un plus d’ajouter à son dossier un document écrit de la part d’une entreprise prête à vous accueillir dans le cadre du Master. N’hésitez donc pas à vous lancer le plus tôt possible dans la recherche d’une alternance !

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