« Je dois développer mes compétences commerciales »

Kamel Boulacheb, étudiant en master 2 “Droit de la protection sociale d’entreprise” et Élève Avocat reviens sur son parcours ! Dans cet article, il vous explqiue notamement que l’avocat doit développer des compétences commerciales pour acquérir de la clientèle. Bonne lecture !

1 – Quel est ton parcours ?

J’ai d’abord suivi une licence de droit à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Après deux premières années qui m’ont permis de découvrir des matières fondamentales comme le droit civil ou le droit administratif, j’ai choisi de me spécialiser en droit privé en troisième année.

Ensuite, j’ai rejoint l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour intégrer le Master 1 Droit de l’entreprise. Il s’agit d’un master pluridisciplinaire dans lequel il est possible d’aborder à la fois des matières propres au droit des affaires et au droit social.  En outre, il laisse une certaine liberté dans le choix des matières. Ce critère m’apparaissait être un atout non négligeable dans la perspective du choix d’un Master 2. De plus, en tant que juriste en protection sociale, les connaissances acquises en droit des procédures collectives me sont très utiles pour comprendre le débat qui anime les praticiens au sujet du maintien des garanties des frais de santé et prévoyance en cas de liquidation judiciaire.

Depuis septembre 2019, j’ai intégré le Master 2 Droit de la protection sociale d’entreprise sous la direction de monsieur Francis KESSLER. J’ai découvert la protection sociale durant l’année de Master 1 en suivant précisément les cours de ce professeur. La protection sociale est une matière qui touche des problématiques très diverses telles que l’épargne salariale ou encore la prise en charge des accidents du travail et maladies professionnelles, et dont les enjeux concernent tant les particuliers que les entreprises.  L’actualité récente, avec la réforme de l’assurance vieillesse ou encore la loi Pacte, est également venue bouleverser cette matière en créant de nouveaux mécanismes tels que le « 39 libératoire ».

En outre, puisqu’il s’agit d’un master en apprentissage, je passe trois jours par semaine au sein du cabinet Avanty avocats dans l’équipe de Maître Frank WISMER, associé fondateur du cabinet. C’est un cabinet spécialisé en droit de la protection sociale et des rémunérations. Il a été créé en juillet 2018 et l’effectif a doublé depuis. De plus, j’ai la chance de travailler directement avec un associé. En tant qu’apprenti, je trouve cela très formateur et valorisant.

Enfin, j’ai passé et obtenu l’examen d’entrée au Centre Régional de Formation Professionnelle d’Avocats (CRFPA) en décembre 2019. J’ai ainsi rejoint l’École de formation professionnelle des barreaux de la    Cour d’Appel de Paris (EFB) en janvier 2020. J’ai fait le choix de ne pas retarder mon inscription afin de pouvoir passer mon M2 en projet professionnel individuel (PPI). Cet aménagement me permet de garder une continuité dans mon parcours puisqu’après les quatre mois de cours à l’EFB, dans le cadre d’une formation accélérée à la fin de mon Master, je rejoindrai de nouveau Avanty avocats mais en tant qu’élève avocat cette fois-ci !

2 – Qu’est-ce que te permettent les stages ?

Durant mes études de droit, j’ai eu la chance de faire deux stages. L’un au sein du cabinet d’avocats Colomes-Mathieu-Zanchi en deuxième année de licence et l’autre dans le cabinet de Maître Bragantini en troisième année. Je voudrais encore les remercier de m’avoir accueilli au sein de leur structure et d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Cela d’autant plus que l’on connait la difficulté d’obtenir un stage, ce que je trouve d’ailleurs très dommageable.

Les stages sont en effet essentiels dans le parcours d’un étudiant puisqu’ils permettent de découvrir de l’intérieur une profession. Je connais beaucoup d’amis qui, après un stage, se sont dits que ce métier n’était pas fait pour eux et inversement.

Il est important enfin que les maitres de stage sachent qu’ils ont un rôle déterminant dans la réussite du stage et dans l’apport que celui-ci aura pour l’étudiant.

3 – Sont-ils complémentaires avec l’enseignement de la fac ?

Très souvent, l’université et les stages sont opposés. Pourtant, cette vision est erronée aujourd’hui.  En effet, les passerelles entre le monde professionnel et l’université se multiplient ; stage, alternance ou encore intervention de praticiens à l’université comme c’est le cas cette année dans le cadre de mon Master 2. Ces interventions sont l’occasion d’échanger avec les professionnels sur leur parcours et ainsi découvrir les différentes possibilités de débouchés qui s’offrent à nous.

Ainsi l’université et les stages sont incontestablement complémentaires. Les stages permettront de mettre en pratique les enseignements étudiés à la fac et de gagner en opérationnalité dans son analyse. Ils seront aussi l’occasion de voir quels sont les enjeux réels derrière les notions étudiées.  Néanmoins, cela nécessite d’avoir des connaissances solides afin de comprendre les problématiques rencontrées pendant le stage. Or, seul l’enseignement suivi à l’université permet d’acquérir ce bagage indispensable.

De plus, les formations universitaires ont beaucoup évolué. Elles sont de plus en plus orientées vers le monde professionnel. Je le constate cette année en Master 2. En effet, notre directeur nous rappelle quotidiennement que son objectif est que l’on soit à la fin de l’année de « jeunes professionnels ». Pour cela, au-delà de l’acquisition de connaissances solides en protection sociale d’entreprise, nous travaillons toute l’année sur des projets concrets à destination de divers professionnels (entrepreneurs, éditeurs, assureurs) ; création d’une société ou rédaction d’un flyer sur la réforme du « 100% santé » pour un éditeur par exemple.

Pour terminer, les professeurs et les maîtres de conférences disposent d’un réseau professionnel développé et ils n’hésitent jamais à nous en faire bénéficier lorsque nous sommes à la recherche d’un stage. Par exemple, dans le cadre de mon master, les alternances sont toutes effectuées chez un partenaire du Master.

4 – Quand est-ce que-tu t’es rendu compte qu’il ne suffisait pas d’être un bon juriste pour être avocat ?

Tout d’abord, être avocat c’est nécessairement être un juriste. Mais selon moi, cela n’est pas suffisant. En effet, j’ai pu voir à travers mes expériences en cabinet qu’un avocat, qu’il soit collaborateur, associé ou à son compte doit développer sa clientèle. Là encore, ses compétences juridiques lui permettront de bénéficier d’un « bouche à oreille » efficace. C’est un élément auquel les professionnels que j’ai pu rencontrer font attention. Seulement, le nombre des avocats sans cesse grandissant ne permet plus de se fonder exclusivement sur ce moyen, en particulier à Paris où exerce la moitié des avocats de France. Autrement dit, cela signifie qu’il faut trouver d’autres outils pour développer sa clientèle et ainsi adopter une stratégie commerciale. Je pense qu’il est important d’en avoir conscience lorsqu’on se destine à une carrière d’avocat.

Il va de soi qu’en tant qu’apprenti et élève-avocat, cet aspect de l’avocature ne se traduit pas pour moi de la même façon que pour l’associé d’un cabinet. Effectivement, je n’ai aucunement besoin de prospecter et par conséquent d’avoir une stratégie commerciale définie à cet effet.

Toutefois, il y a un élément qui se développe très tôt et qui me sera utile en tant qu’avocat plus tard ; le réseau professionnel. Evidemment, le développement d’un réseau professionnel n’est pas réservé à ceux qui se destinent à exercer la profession d’avocat. Cependant, pour un avocat ce le réseau professionnel s’avère être indispensable car il sera un moyen très efficace pour obtenir un poste ou de nouveaux clients.

C’est un élément que les écoles de commerce ont intégré depuis un certain temps dans leur enseignement.  Au sein de l’université, les associations de Master 2 sont d’excellents outils pour enrichir un réseau. Par exemple, mon directeur s’attache à développer un véritable esprit de solidarité entre les étudiants de chaque promotion et à entretenir un lien les différentes promotions. C’est ce qui donne toute sa force et son intérêt au Master !

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