Contact “L’avocat est un prestataire de service juridique”

Julien Chrisment Mazetto est un ancien étudiant du DJCE de Lyon. Actuellement élève avocat, il vous livre sa vision du bon avocat en droit des affaires. Comme nous le pensons, pour Julien aussi, l’vocat doit maîtriser toute les compétences d’un entrepreneur.

Parle nous de ton parcours ?

Mon parcours est plutôt classique. Après avoir obtenu un baccalauréat section ES, je souhaitais intégrer une classe préparatoire dans l’objectif de suivre une formation en école de commerce. Malheureusement, la prépa que j’ai intégré n’était pas à la hauteur de mes ambitions. Au bout de deux journées de cours seulement, j’ai décidé de m’inscrire à la faculté de droit de Dijon. Ce choix n’a pas été fait par dépit. J’avais déjà une idée claire de ce que représente un avocat pour moi : c’est un entrepreneur.

J’ai validé mes premières années de droit où je reconnais ne pas avoir été vraiment attiré par les matières « classiques ». J’avais déjà un certain goût pour toutes les matières qui se rattachaient au monde des affaires. Ce que l’on commence à étudier à compter de la L3. J’ai logiquement intégré le Master 1 Droit des affaires à Dijon où je me suis particulièrement intéressé à la fiscalité des entreprises.

Je souhaitais cependant intégrer une formation plutôt générale afin d’avoir une vision globale de toutes les problématiques juridiques auxquelles sont confrontés les dirigeants d’entreprises. Mon choix s’est porté sur le DJCE de Lyon. Je pense que tout le monde connaît les avantages de cette formation : elle est complète et a le mérite d’offrir aux étudiants une dimension pratique en plus d’un puissant réseau.

A côté de mes études j’ai effectué plusieurs stages en banque, en cabinet ou en entreprise, en France et à l’étranger. Il est très intéressant de changer de structure afin de voir comment les différents praticiens du droit traitent des problématiques juridiques selon leur position (avocat, juriste en banque, juriste en entreprise) et comprendre les objectifs de chacun de ces acteurs.

Si je dois retenir une chose de mes stages, c’est que je pense qu’il est très important pour un jeune avocat qui commence sa carrière d’adopter un état d’esprit d’entrepreneur et ce pour plusieurs raisons.

L’avocat est un entrepreneur

D’une part, pour le compte du client.

Un avocat qui se met dans la peau de son client va pouvoir lui donner le conseil le plus adapté et le plus personnalisé possible. En effet, en adoptant ce mode de réflexion, l’avocat sera capable de cerner au mieux les objectifs et ambitions de son client. Il va alors réfléchir au-delà des principes juridiques qu’il a appris à la faculté. De cette manière, il comprendra plus facilement tous les enjeux et les problématiques auxquelles son client est confronté.

D’autre part, pour son propre compte.

Un avocat est un prestataire de services. Il vend un service comme n’importe quelle boîte de consultant mais avec des règles déontologiques qui sont propres à la profession. Je pense qu’il ne doit pas se contenter de rendre une consultation juridique brute et incompréhensible pour son client. Plusieurs compétences sont à développer :

–       L’avocat doit travailler son image et adopter une stratégie marketing. Aujourd’hui, l’image de l’avocat est négative dans l’esprit du grand public. Elle est celle d’un professionnel du droit parlant une langue incompréhensible et facturant des honoraires qui semblent injustifiés pour le client. Il faudrait plus de transparence sur les missions précises de l’avocat pour que le client identifie plus facilement la réelle plus-value apportée. Cette transparence concerne aussi le montant des honoraires permettant au client d’anticiper le montant des charges auxquelles il devra faire face.

–       L’avocat doit rendre un travail clair et compréhensible pour le client. La formulation de la solution juridique et du raisonnement de l’avocat dans des termes accessibles facilitera la compréhension de sa mission par le client. Ce dernier se  sentira concerné par le travail de l’avocat ce qui augmentera sa confiance. Un client satisfait est un client qui paye plus facilement.

–       L’avocat doit être capable de manager efficacement une équipe. L’avocat est un chef d’entreprise. Tout d’abord, il doit en fixer les lignes directrices, les objectifs et faire participer ses collaborateurs à un projet. Ensuite, il doit s’efforcer à développer un esprit d’équipe et une certaine convivialité entre ces différents membres afin d’en tirer le meilleur et de permettre à chacun de se dépasser. Travailler de longues heures sans reconnaissance et sans développer de liens sociaux au travail est contreproductif. Les plus grandes entreprises adoptent des politiques permettant aux équipes de créer des liens, de travailler ensemble dans des lieux qui suscitent plus de créativité ou d’efficacité. Les avocats doivent mettre en place ces techniques.

–       L’avocat doit être capable de créer et d’innover. Un bon dirigeant ou entrepreneur cherche toujours à innover, à améliorer son business ou tenter de le révolutionner pour lutter contre la concurrence. C’est la même chose pour un avocat pour lequel la concurrence est très élevé. Il doit s’intéresser à toutes les innovations qui changeront l’exercice de son métier afin d’être beaucoup plus efficace, plus performant et simplifier sa pratique. Il n’est pas nécessaire d’être ingénieur pour innover.

Finalement, l’avocat est un homme d’affaires. Son fonds de commerce est la prestation de services juridiques. Ces compétences juridiques sont acquises durant les années passées à l’université. Les écoles d’avocats ont un rôle à jouer sur le développement de ces compétences « extra-juridiques ». Les connaissances juridiques sont déjà plus acquises par les étudiants et les connaissances pratiques se développeront au fil de leurs carrières. En plus d’enseigner l’éloquence et d’autres matières indispensables à la profession d’avocats, les écoles devraient dispenser aux élèves d’autres cours tels que des techniques de management, de développement d’une clientèle, de développement d’un réseau, d’innovation… En s’inspirant, par exemple, des écoles de commerce. La profession évolue et la formation doit accompagner cette évolution.

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