Changer de faculté de Droit : fausse bonne idée ?

Ségolène Guigou est étudiante en Master 1 — Droit social à la Faculté de Droit, Sciences économiques et Gestion de Nancy.

Inscrite dans cette Faculté jusqu’en licence, où elle obtient de bons résultats, Ségolène décide d’entreprendre sa première année de Master dans une nouvelle Faculté. Elle entame alors un Master 1 — Droit pénal à la Faculté de Droit et Sciences politiques de Bordeaux. Elle ne parviendra toutefois pas au bout de cette année pourtant prometteuse et finira par revenir à Nancy, dans sa faculté d’origine, pour se lancer dans un nouveau Master 1 orienté en Droit social, cette fois.

Afin de mieux comprendre les doutes et les interrogations qui assaillent même les meilleurs étudiants, l’équipe d’Anomia a voulu rencontrer et donner la parole à Ségolène.

Pourquoi des étudiants choisissent de changer de faculté après leur licence ?

Après trois années passées dans une même faculté, beaucoup d’entre nous souhaitent partir pour réaliser un Master dans une autre faculté et cela pour diverses raisons.

L’argument principal est celui de la notoriété du Master qu’ils envisagent d’entreprendre. En effet, il est parfois envisagé de changer de faculté pour étudier là où la formation « apparaît » être d’une qualité supérieure.

Il peut aussi arriver que certains étudiants, et ce fut mon cas, aspirent simplement à changer pour évoluer, se développer personnellement, connaître d’autres choses en découvrant d’autres méthodes d’enseignement ou en rencontrant de nouvelles personnes.

Quels sont les avantages ?

Partir faire son Master dans une autre ville est très enrichissant.

D’un point de vue universitaire, cela permet de rencontrer d’autres personnes (pour ceux qui souhaitent se constituer « un réseau »), d’autres méthodes d’enseignement, une autre organisation universitaire.

D’un point de vue personnel, s’adapter, rompre avec ses habitudes permet indéniablement une plus grande ouverture d’esprit et davantage de maturité.

Quels sont les inconvénients ?

L’année de Master 1 est une année tellement exigeante que partir loin d’une stabilité qu’on a pu connaître jusque-là peut se révéler quelque peu aventureux.

Par ailleurs, il est nécessaire de relativiser la renommée de la formation que l’on souhaite entreprendre ailleurs ou du moins de se rendre compte de la qualité de la formation qu’on a pu suivre jusqu’alors.

Quels ont été les enseignements de cette année passée à Bordeaux ?

Cette année a été pour moi à la fois extrêmement difficile et incroyablement enrichissante.

Après avoir validé un semestre à plus de 12 de moyenne en Master 1 Droit pénal à Bordeaux, j’ai décidé d’arrêter ma formation pour réaliser 3 mois de stage en entreprise. En effet, je ne me retrouvais aucunement dans le cursus suivi et je n’avais aucune vision à long terme sur ce que je pouvais entreprendre après cette année de Master. J’ai su, au fil des enseignements qui m’ont été donnés, que ma place n’était pas celle que le Droit pénal pouvait m’offrir. Après une période de doute assez intense, j’ai entrepris une remise en question personnelle radicale. Je me suis interrogée sur ce qui m’intéressait réellement, sur ce que je voulais faire aujourd’hui mais aussi demain, introspection que, malheureusement, je n’avais osé réaliser après une licence de droit acquise sans difficulté majeure. Cette année fut donc celle d’une grande réflexion sur le sens que je voulais donner à mes études de droit.

J’ai ainsi décidé, suite à des rencontres et des discussions que j’ai pu avoir avec des professionnels exerçant dans le milieu de l’entreprise, d’effectuer un stage de 3 mois en Ressources Humaines chez Malakoff Médéric. Cette expérience a été pour moi décisive sur mon orientation universitaire. Au fil de ce stage, j’ai découvert une partie du Droit du travail et cela m’a captivé. Je me suis retrouvée face à des réalités saisissantes dont je n’avais jamais trop eu connaissance ou simplement à travers la presse. Le monde du travail connait actuellement des bouleversements considérables, les enjeux sont d’une importance capitale pour les salariés comme pour les employeurs et toutes les questions posées par le Droit du travail m’ont grandement interpelé. Ainsi, suite à ce stage, je me suis plongée dans des manuels de Droit du travail pour finalement postuler au Master 1 Droit social à Nancy.

Un renversement de situation marqué par un retour dans ma ville natale, vécu non pas comme un échec mais comme l’enclenchement d’un nouveau départ.

La renommée et la qualité de l’enseignement du Master 1 Droit social à Nancy n’ont entrainé chez moi aucun doute sur ma volonté de rester à Nancy afin de suivre cette formation.

Si tu avais des conseils à donner à ceux qui envisagent de changer de faculté, quels seraient-ils ?

Pour ceux qui souhaiteraient poursuivre leurs études de droit dans une autre faculté, je ne peux que les encourager dans cette expérience en gardant à l’esprit que l’année de Master 1 est très souvent une année exigeante qui comprend des enjeux importants, dont la sélection pour le Master 2. Ces difficultés pouvant être source de nombreuses préoccupations, il s’agit de bien mesurer les avantages et les inconvénients afin de ne pas partir par simple désir de changement. Souvent, poursuivre ses études dans la même faculté permet de travailler dans un environnement déjà connu et donc rassurant et stable, ce qui est toujours appréciable pour appréhender cette année de Master 1.

Chaque expérience est unique et ne se ressemble pas. Elle a aussi changé de fac, mais son vécu est différent. Découvrez les motivations et le parcours de Camille, Restructuring : “J’ai choisi le Master ALED”.

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