“Ce que m’a apporté la clinique juridique”

Soline Barathon est étudiante dans le Mastère spécialisé « Droit et Management International » proposé par l’ESCP Business School, l’une des plus grandes écoles de commerce françaises et européennes.

Clinicienne du droit depuis sa troisième année de Licence réalisée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Soline n’a pas abandonné cette activité en changeant d’école. Au contraire, elle est aujourd’hui présidente de la Clinique juridique Lab’Law créée en 2017 au sein de ESCP Europe. Pour Anomia, Soline revient sur ce qui fait l’essence d’une Clinique juridique pour nous en expliquer le fonctionnement et l’intérêt pour des étudiants en droit d’y participer.

Qu’est-ce qu’une Clinique juridique ?

Inspirée par le mouvement américain des « legal clinics », la structure de Clinique juridique — si elle n’a aucune forme universelle en France — est en pleine émergence au sein de nos universités et écoles.

Outil d’apprentissage fonctionnant sur la base du volontariat, la Clinique juridique tente de répondre à la fois au besoin d’information juridique des personnes physiques et morales et à une recherche de pratique de la part des étudiants en droit plutôt courante dès la troisième année de licence. Les « cliniciens » — nom donné aux membres d’une Clinique juridique — proposent un accompagnement juridique gratuit encadré par des enseignants ou des professionnels du droit.

Si vous en avez marre de la théorie sans fin et que vous ressentez un manque de réalité dans vos études de droit, la Clinique juridique est le moyen idéal de rajouter de la pratique à vos années universitaires.

Comment est organisée une Clinique juridique ?

Puisqu’aucune structure unique n’existe en France, une Clinique juridique est différente en fonction de l’université dans laquelle elle évolue et du bureau qui la constitue.

Cependant, on peut mettre en évidence certains traits communs. Elle est, par exemple, généralement constituée d’un bureau — qui s’occupe de la promotion de la Clinique, de sa communication et de son administration plus générale — ainsi que de superviseurs et de cliniciens.

Les superviseurs — qui sont des cliniciens expérimentés — ont comme rôle principal d’encadrer l’équipe de cliniciens constituée pour l’étude d’un cas proposé. Ils rencontrent le « Patient », c’est-à-dire la personne physique ou morale qui a contacté la Clinique juridique afin de lui faire part de sa problématique juridique. Ils lui posent alors les questions nécessaires à la compréhension du cas, constituent une équipe avec des cliniciens volontaires, et enfin, apportent la conclusion des recherches effectuées.

Les cliniciens, qu’ils soient ou non spécialisés dans la matière étudiée, peuvent se porter volontaires afin de participer aux recherches en lien avec les problématiques juridiques soulevées. Approfondir des notions connues, découvrir des matières, écouter, étudier, rechercher… le travail du clinicien est avant tout un exercice d’apprentissage. N’ayez pas peur de ne pas être spécialisé : même en M2, il est impossible d’être un expert dans une matière !

Le travail de recherches est au cœur de la Clinique. De plus, l’appui de professionnels ou d’étudiants plus expérimentés permet d’assurer la pertinence des propos avancés !

Quelles sont les missions des membres d’une Clinique juridique ?

Les missions effectuées par les cliniciens sont multiples et un réel atout pour leur futur exercice professionnel du droit. C’est d’ailleurs une expérience à souligner dans son CV, puisqu’elle est très appréciée des cabinets !

Tout d’abord, la rencontre avec le Patient oblige à effectuer un travail d’identification des problématiques juridiques. Loin des cas pratiques mettant en évidence les points à rechercher, il s’agit d’un réel exercice au cœur de la vie quotidienne des juristes et avocats : identifier au sein d’une multitude de faits, plus ou moins pertinents, les éléments-clés qui permettront de répondre efficacement à la problématique générale du cas.

Ensuite, les cliniciens doivent effectuer un réel travail de recherche. S’il n’est pas obligatoire d’être un spécialiste de la matière relevée dans le cas, il est cependant indispensable de fournir des réponses précises et pertinentes au Patient. Personne ne peut être spécialiste en licence ni Master quoi qu’il advienne ! L’étudiant clinicien doit donc apprendre à rechercher les informations en lien avec le cas présenté : la recherche peut être demandée en instantané lors des permanences juridiques, ou a posteriori lorsque les cas sont plus longs et requièrent davantage d’étude.

In fine, le travail au sein d’une Clinique juridique demande un effort de simplification. Le Clinicien doit être capable d’adapter son propos, de le rendre accessible à tous, afin que les requérants puissent comprendre les éléments rapportés.

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui souhaiterait intégrer une Clinique juridique ?

Aucun, si ce n’est : faites-le ! Si votre faculté propose une Clinique juridique et que vous hésitiez à la rejoindre, n’attendez plus et contactez les membres du bureau ! C’est une expérience très enrichissante, qui mêle volontariat et première expérience en situation professionnelle.

Cet article vous a plu ! Vous souhaitez découvrir d’autres expériences vécues par les rédacteurs d’Anomia ? Antonin vous parle de sa participation à des concours d’éloquence et de plaidoirie. Boris, quant à lui, a testé le stage à l’étranger. A vous de choisir !

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